Chine-Cuba : une aide stratégique dans un paysage géopolitique en recomposition
La Chine a approuvé une nouvelle vague d’aide économique et humanitaire à Cuba, comprenant 80 millions de dollars d’assistance financière et 60 000 tonnes de riz, à un moment critique pour l’île, confrontée à une crise énergétique aiguë et à des pénuries alimentaires persistantes. Cette initiative intervient dans un contexte géopolitique profondément transformé, marqué par le durcissement de la pression américaine, l’effondrement du soutien vénézuélien et une recomposition progressive des alliances dans l’hémisphère occidental.
Selon les autorités cubaines et l’ambassade de Chine à La Havane, l’aide financière est destinée en priorité à l’acquisition d’équipements électriques afin d’atténuer une crise énergétique qui a plongé plus de 60 % du territoire cubain dans des coupures prolongées. Ce pays, qui dépend fortement des combustibles fossiles importés pour produire son électricité, a vu ses approvisionnements en pétrole en provenance du Venezuela être brutalement interrompus.
Quant aux livraisons de riz, un aliment de base du régime alimentaire cubain, elles visent à soulager une situation alimentaire fragilisée par la baisse des importations, la contraction des recettes en devises étrangères et les effets cumulés des sanctions.
Depuis le début des années 1960, Cuba est soumise à des sanctions américaines qui ont profondément marqué son économie et ses alliances internationales. La Havane est contrainte à se tourner vers d’autres partenaires pour atténuer les conséquences. Ce modèle a permis à l’île de survivre, mais il a également révélé ses faiblesses, parfois de manière indirecte.
L’effondrement du soutien soviétique dans les années 1990 a plongé Cuba dans une crise profonde. Le relais vénézuélien a également révélé ses limites, car Cuba est confrontée à des difficultés croissantes depuis que les États-Unis ont intensifié leurs pressions sur Caracas à partir de 2014. Ainsi, la stabilité économique de Cuba dépend fortement de partenaires capables de compenser son accès limité aux circuits financiers et énergétiques, largement influencés par les États-Unis.
Cependant, la récente intensification des saisies de pétroliers vénézuéliens par les États-Unis et les pressions exercées sur les pays tiers, y compris le Mexique, réduisent davantage les marges de manœuvre de La Havane, rendant l’aide chinoise d’autant plus stratégique.
Pendant près de deux décennies, le Venezuela a fourni à Cuba jusqu’à un tiers de ses besoins quotidiens en pétrole, à des conditions préférentielles. L’intensification des sanctions américaines contre Caracas, suivie récemment par la capture de Nicolás Maduro, a entraîné une rupture quasi totale de ces livraisons. Cette perte a révélé la vulnérabilité structurelle du modèle énergétique cubain et accéléré la recherche de nouveaux soutiens extérieurs.
L’aide chinoise ne se limite pas à l’assistance ponctuelle. Pékin est également engagé dans des projets photovoltaïques à Cuba, notamment des dons et investissements visant environ 200 MW de capacité solaire, ainsi que la distribution de milliers de kits solaires individuels. Ces projets s’inscrivent dans l’objectif officiel de Cuba de porter la part des énergies renouvelables à 25 % de la production électrique d’ici 2030, puis de tendre vers un mix quasi entièrement renouvelable à plus long terme.
Pour la Chine, ces investissements répondent à une double logique : soutenir un allié stratégique soumis à une pression économique intense, tout en renforçant sa présence technologique et industrielle dans les Caraïbes.

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