Déficits américains, dette record et rôle mondial du dollar
Les derniers chiffres du Trésor américain mettent en évidence une trajectoire budgétaire qui suscite un regain d’attention de la part des marchés, des décideurs politiques et des banques centrales du monde entier. Au cours des trois premiers mois de l’exercice 2026, les États-Unis ont emprunté 602 milliards de dollars, dont 145 milliards en décembre, ce qui les place sur la voie d’un déficit avoisinant les 2 000 milliards de dollars cette année. Si ce rythme d’emprunt n’est pas sans précédent, il intervient à un moment où la dette publique américaine atteint des niveaux historiques et où la viabilité budgétaire à long terme est de plus en plus remise en question.
Sur une base annuelle glissante, le déficit fédéral s’élevait à 1 700 milliards de dollars en 2025, soit environ 5,4 % du PIB. Bien que cela représente une amélioration par rapport au déficit de 2 000 milliards de dollars enregistré en 2024, cela témoigne néanmoins d’un écart structurel entre les dépenses et les recettes.
En 2025, les recettes fédérales ont atteint un niveau record, frôlant les 5 400 milliards de dollars, grâce à l’augmentation des recettes de l’impôt sur le revenu et les salaires ainsi qu’à la hausse des droits de douane. Toutefois, les dépenses ont grimpé à 7 000 milliards de dollars, maintenant ainsi d’importants besoins d’emprunt.
De plus, les pressions budgétaires pourraient s’intensifier davantage. Une proposition vise à augmenter considérablement les dépenses de défense pour les porter à 1 500 milliards de dollars. Cela ajouterait des milliers de milliards de dollars à la dette nationale au cours de la prochaine décennie.
Des estimations indépendantes suggèrent que les recettes douanières prévues ne couvriraient qu’une fraction de ces augmentations, ce qui suscite des inquiétudes quant à une nouvelle accumulation de dettes, à moins que celle-ci ne soit compensée par des réductions de dépenses ou de nouvelles mesures fiscales.
Ces dynamiques ont des répercussions bien au-delà des frontières américaines en raison du rôle central du dollar dans le système financier mondial. Le dollar américain reste la principale monnaie de réserve mondiale, l’unité dominante pour la facturation commerciale, les transactions financières et les réserves internationales. Cependant, les données du Fonds monétaire international révèlent une évolution progressive.
Bien que le dollar représente encore la majeure partie des réserves de change mondiales, sa part a diminué au cours des deux dernières décennies. Les banques centrales diversifient leurs réserves en d’autres devises, notamment l’euro, le renminbi chinois et un panier d’autres actifs de réserve. Pour l’instant, les États-Unis restent toutefois dans une position unique pour supporter d’importants déficits, mais cela n’est pas sans limites.

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