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Frappes sur l’Iran : Ormuz et le risque de choc sur les prix du pétrole

Un choc au Moyen-Orient peut rapidement devenir un choc de prix partout, surtout si le détroit d’Ormuz est perturbé.

Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran samedi. Le Pentagone a baptisé l’opération « Epic Fury », et l’impact dépasse déjà le cadre militaire. Dans les pays producteurs de pétrole du Golfe, des explosions ont été signalées, et le marché se focalise sur un risque précis, la perturbation du détroit d’Ormuz, l’un des points de passage les plus stratégiques du pétrole mondial.

Téhéran menace depuis des années de bloquer ce couloir maritime en cas d’attaque. Aujourd’hui, le risque est passé du discours à la pression opérationnelle. Des navires dans le Golfe ont reçu des messages radio des Gardiens de la révolution affirmant qu’aucun navire n’était autorisé à traverser le détroit, selon un responsable de la mission navale de l’Union européenne Aspides.

Le détroit d’Ormuz constitue un goulot d’étranglement majeur qui concentre une part importante des flux énergétiques mondiaux. L’EIA (U.S. Energy Information Administration) estime qu’en 2023, environ 20,9 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers transitaient par le détroit d’Ormuz, ce qui en faisait le deuxième point de passage le plus important au monde après Malacca, où transitaient 23,7 millions de barils par jour.

20,9 millions de barils par jour, c’est énorme, car cela représente environ un cinquième de la consommation mondiale de produits pétroliers. Ce volume est comparable à la consommation quotidienne totale de pétrole des États-Unis en 2023. C’est pourquoi le simple risque de perturbation peut faire grimper rapidement les prix du pétrole en ajoutant une prime de risque et en augmentant les coûts de transport et d’assurance.

Il convient de noter qu’un point d’étranglement n’est pas dangereux simplement parce qu’il est étroit, mais parce qu’il est difficile à remplacer. Si les navires doivent éviter la zone ou contourner des routes, les trajets s’allongent, les coûts d’assurance montent, les délais s’étirent, et les prix réagissent même sans fermeture totale.

Pour Haïti, l’enjeu est immédiat. Le pays dépend fortement des importations, et l’énergie influence le transport, la distribution et les prix. Quand le pétrole grimpe, les coûts logistiques montent, les produits importés se renchérissent, et la pression sur le pouvoir d’achat s’intensifie.

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