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APN attaqué

La crise alimentaire en Haïti est autant une crise logistique qu’agricole

Haïti se trouve à un tournant. Plus de 5,7 millions de personnes, soit la moitié de la population, souffrent d’insécurité alimentaire et, sans amélioration durable de l’accès et de la logistique, ce chiffre pourrait atteindre 6 millions d’ici 2026. Ici, la faim est autant une question de logistique que de production alimentaire.

Le pays dépend fortement des importations de denrées de base, notamment du riz, qui constitue l’aliment de base du régime alimentaire haïtien. Environ 80 % du riz est importé, et les importations totales de céréales en 2024-2025 devraient s’élever à environ 735 000 tonnes. En tant qu’île, les ports et les corridors de transport d’Haïti sont la première ligne de sécurité alimentaire.

La fragilité définit la chaîne. Après la fermeture du principal port maritime mi-2024, les importations se sont poursuivies, mais à un coût plus élevé ; les barrages routiers et l’insécurité ont paralysé les voies d’accès des producteurs aux marchés et ont fait grimper les prix. L’Artibonite est devenu un épicentre de la violence des gangs, avec des champs délibérément détruits ; le Grand Sud, autre grenier à blé essentiel, a été coupé du reste du pays ; et les producteurs du Nord ont été confrontés à des menaces constantes. Résultat : une grande partie des produits alimentaires locaux haïtiens n’atteint jamais les marchés.

En tant que goulets d’étranglement, les ports comptent parmi les nœuds les plus vulnérables de la chaîne d’approvisionnement et sont situés dans des bastions des gangs. Port-au-Prince (APN) gère une grande partie du trafic de conteneurs, tandis que Port Lafito ajoute une capacité essentielle pour le fret alimentaire. L’amélioration de la productivité des postes d’amarrage, de la fluidité des parcs, de la disponibilité des conteneurs frigorifiques et de la manutention des céréales a un effet direct sur les prix et la disponibilité.

La dépendance d’Haïti envers son voisin rend les frontières vitales pour sa sécurité alimentaire. Les fermetures périodiques des frontières avec la République dominicaine, en particulier depuis fin 2023 en raison du conflit du canal, ont déclenché des flambées de prix pour les œufs, la volaille, la farine et d’autres produits de base dans le nord d’Haïti, soulignant à quel point les régimes alimentaires sont sensibles à la logistique transfrontalière.

Le dernier kilomètre est souvent le plus long. Une évaluation de la Banque mondiale indique que 61 % des Haïtiens vivent à plus de 2 km d’une route praticable en toute saison, laissant les communautés isolées en cas de pluies et d’orages. Lorsque des corridors comme Mariani/Martissant sur la RN2 sont bloqués, l’Ouest est de fait coupé du Grand Sud, ce qui entraîne des pénuries et une flambée des prix.

De plus, il y a des pertes cachées que nous ne pouvons pas ignorer. Des conditions de stockage et de manutention défaillantes entraînent la disparition des aliments avant même leur consommation : des études menées en Haïti font état de pertes pouvant atteindre un tiers pour les céréales et les légumineuses et jusqu’à 50 % pour les fruits et légumes, dues aux parasites, à l’humidité et à un stockage inadéquat. Réduire ces pertes est aussi important que d’augmenter la production.

Enfin, une forte dépendance alimentaire à un petit panier de denrées de base, notamment le riz importé, amplifie les risques liés aux fermetures de ports, aux tensions frontalières et aux fluctuations des prix mondiaux. La dépendance croissante aux importations a accentué l’exposition aux chocs de transport.

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