Trump ouvre la porte à la Chine et à l’Inde dans le pétrole vénézuélien
À bord d’Air Force One, en route vers Mar-a-Lago, le président américain Donald Trump a déclaré samedi qu’il accueillerait favorablement des investissements de la Chine et de l’Inde dans l’industrie pétrolière du Venezuela, quelques semaines après la capture de Nicolás Maduro et le basculement de la stratégie américaine vers un contrôle plus direct des flux pétroliers vénézuéliens.
« La Chine est la bienvenue et pourra conclure un excellent accord sur le pétrole », a-t-il déclaré à des journalistes, tout en évoquant une dynamique similaire avec l’Inde. Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de réformes historiques à Caracas.
L’ouverture affichée par Washington répond aussi à une contrainte : les grands groupes pétroliers américains hésitent. Des dirigeants ont publiquement réclamé des « garanties sérieuses » avant d’engager des milliards, et le patron d’ExxonMobil a même jugé le pays « non investissable » tant que le cadre légal, la sécurité et les protections contractuelles ne sont pas clarifiés. Il s’agit d’un frein majeur au calendrier politique d’un redémarrage rapide.
Dans ce contexte, l’appel à des partenaires non américains, y compris un rival comme Pékin, peut se lire comme une manière de combler le déficit d’appétit des investisseurs américains, d’élargir la base de financement et d’accélérer la remise à niveau d’infrastructures vieillissantes, tout en gardant la main sur les flux.
Par ailleurs, fin janvier, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a approuvé une réforme du cadre réglementaire du secteur pétrolier qui assouplit le modèle nationaliste de ses prédécesseurs. Cette réforme vise à ouvrir le secteur aux capitaux étrangers et à permettre une plus grande participation des entreprises internationales.
Toutefois, l’ouverture affichée envers Pékin contraste avec les réalités logistiques et les incertitudes actuelles. Début janvier, les chargements destinés aux clients chinois ont été suspendus pendant plusieurs jours, et seuls quelques navires ont franchi le blocus américain mis en place en décembre. Dans ce contexte, les volumes attendus en Chine à partir de la fin février apparaissent nettement inférieurs à la moyenne observée en 2025.
D’autre part, PetroChina a demandé à ses traders de ne pas acheter ni négocier de pétrole vénézuélien désormais commercialisé sous contrôle américain, au moins jusqu’à nouvel ordre, a rapporté Reuters. Cela suggère que, malgré les déclarations de Washington, des entreprises chinoises jugent le dispositif trop risqué sur le plan juridique et commercial, notamment à cause de l’encadrement américain des flux et des recettes.
Pour l’Inde, Trump a présenté le dossier comme un réalignement stratégique. New Delhi serait encouragée à se tourner vers le pétrole vénézuélien afin de remplacer une partie de ses approvisionnements, notamment ceux en provenance de la Russie, sous pression américaine.

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