Une résolution risquée sur Haïti et le risque de récompenser les auteurs du chaos
Alors que les Nations Unies sont confrontées à une crise financière qui s’aggrave – avec un déficit budgétaire de plus d’un milliard de dollars et des réductions drastiques de personnel – leur capacité à soutenir les efforts de paix mondiaux est soumise à une pression croissante. Pourtant, au milieu des mesures d’austérité, les États-Unis et le Panama ont rédigé une nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur Haïti dont les critiques avertissent qu’elle risque de récompenser les responsables de la violence, de porter atteinte à la souveraineté nationale et de passer outre la volonté du peuple haïtien.
Les observateurs avertissent que cette proposition risque de recycler un modèle d’intervention internationale familier et profondément imparfait : un modèle qui contourne les solutions locales tout en renforçant involontairement les élites politiques et économiques au cœur de la crise haïtienne. Ces acteurs bien établis – dont beaucoup sont liés à la montée et au financement des groupes armés – continuent de saper les processus démocratiques et de maintenir le contrôle par la violence, le clientélisme et le soutien étranger.
Sans réformes significatives, financement adéquat ni responsabilisation, les critiques affirment que le plan risque d’enhardir ceux qui profitent du chaos au lieu de démanteler les réseaux qui l’alimentent. Il va sans dire qu’on ne peut pas stabiliser un pays en donnant le pouvoir à ceux qui le déstabilisent. Dans son état actuel, l’ONU risque de devenir un facilitateur et non un artisan de paix en travaillant avec un président illégitime à neuf têtes non reconnu par la constitution haïtienne ni par le peuple.
Alors que l’ONU célèbre son 80e anniversaire, elle est confrontée à une crise financière croissante qui menace ses fonctions essentielles et le maintien de la paix mondiale. Le budget 2026 propose une réduction de 15 % afin d’améliorer l’efficacité, mais ses détracteurs affirment qu’il cible de manière disproportionnée les personnels subalternes – certains subissant des réductions de 28 % – tandis que les postes à responsabilités restent largement inchangés. Les missions de maintien de la paix sont également menacées : les États-Unis proposent une réduction de 1,6 milliard de dollars de leur financement, et les principaux bailleurs de fonds, dont les États-Unis et la Chine, sont à la traîne. Seuls 49 des 193 États membres ont versé leurs cotisations à temps.
Cette crise financière survient à un moment périlleux pour la mission de l’ONU dans le monde. Cela est particulièrement évident en Haïti, où une nouvelle résolution élaborée par les États-Unis et le Panama propose de renforcer les mesures de répression des gangs par l’intermédiaire du Conseil de sécurité de l’ONU. Si cette décision reflète une urgence croissante, elle risque de reproduire le même modèle d’intervention défaillant qui a échoué à plusieurs reprises à instaurer une paix durable.
Ce qui est plus alarmant, c’est que le projet de résolution actuel élude les problèmes politiques structurels qui alimentent l’instabilité en Haïti. Sans réformes concrètes pour démanteler les réseaux corrompus de politiciens et d’oligarques qui ont orchestré la crise des gangs, de telles interventions risquent de redonner du pouvoir aux élites mêmes qui profitent de la violence. Ces acteurs, protégés par l’impunité et soutenus par le soutien étranger, ont utilisé les gangs comme un outil pour réprimer la dissidence, s’accrocher au pouvoir contre la volonté démocratique du peuple et violer la souveraineté d’Haïti. Une autre intervention internationale qui ignorerait cette réalité risque de récompenser les responsables de la crise au lieu de donner aux Haïtiens en quête de justice et de réformes les moyens d’agir.
Pendant ce temps, pendant ce temps, selon un rapport de l’ONU, armes et munitions continuent d’affluer en Haïti, principalement en provenance des États-Unis et des pays voisins. Pourtant, peu d’efforts sérieux ont été déployés pour endiguer ce flux. Cette situation alimente l’idée que le chaos est délibérément orchestré pour justifier une intervention étrangère. Les critiques avertissent que tout nouveau déploiement, surtout s’il est perçu comme une occupation, risque d’être malvenu et d’envenimer la crise au lieu de la résoudre.

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