Alfred Métellus écarté du MEF, l’exécutif se recompose
L’économiste Alfred Fils Métellus a été démis de ses fonctions de ministre de l’Économie et des Finances. Son départ intervient alors que le pays bascule vers une gouvernance de fait centrée sur le Premier ministre, à la suite de l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) le 7 février 2026, sans solution de remplacement consensuelle ni élections organisées.
Alfred Métellus s’est retrouvé à la croisée de trois dynamiques convergentes : son rôle à la tête du ministère de l’Économie et des Finances, à un moment où la « capacité de l’État » devenait un enjeu de contrôle crucial ; l’apparition de son nom dans la bataille de succession de janvier ; et, enfin, la logique de consolidation du pouvoir autour du Premier ministre, à un moment où le Conseil présidentiel de transition (CPT) s’affaiblissait et où les alternatives internes peinaient à émerger.
Dans une transition déjà fragilisée par l’insécurité, l’impasse institutionnelle et l’absence d’élections, le ministère de l’Économie et des Finances n’est pas un portefeuille comme les autres. Il concentre la gestion budgétaire, les arbitrages de crise et une grande partie des leviers de l’État.
C’est dans ce contexte que le limogeage d’Alfred Métellus prend une portée particulière : en raison de ce que représente son poste au sein de l’appareil d’État, parce que son nom, en tant que remplaçant potentiel d’Alix Didier Fils-Aimé, avait circulé lors des remaniements politiques de janvier, et parce que le pouvoir tend à se consolider autour du Premier ministre à un moment où le Conseil présidentiel de transition s’affaiblit sans qu’une alternative interne véritablement convaincante et viable n’émerge.
La plupart des citoyens décrivent cette transition comme compromise par l’insécurité, les allégations de corruption et les conflits internes, dans un contexte de non-respect des délais institutionnels. La mise à l’écart d’Alfred Métellus du gouvernement — et le fait que le portefeuille de l’Économie et des Finances soit évoqué comme étant, provisoirement, placé sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé — s’inscrit ainsi dans une séquence où l’exécutif de transition se recompose sous forte pression, sans cadre institutionnel stabilisé ni calendrier électoral crédible.
La crise s’est cristallisée fin janvier, quand une majorité de membres du CPT a annoncé vouloir révoquer Alix Didier Fils-Aimé et pousser une alternative, Alfred Métellus étant cité comme successeur potentiel dans cette manœuvre, restée suspendue notamment faute de publication officielle. Dans ce bras de fer, Washington a publiquement averti qu’il considérerait comme « déstabilisatrice » toute initiative susceptible de fragiliser l’exécutif à l’approche du 7 février, et a affiché son soutien au maintien de Fils-Aimé. Dans le même temps, Washington a aussi recouru à des restrictions de visa visant des membres du CPT, sur fond d’allégations de liens avec des réseaux criminels — un signal de coercition politique dans la reconfiguration de la transition.
Le fil conducteur politique sous-jacent est une succession d’accords soutenus ou validés par l’étranger (Ariel Henry, puis le CPT, puis le maintien de Fils-Aimé) qui n’ont pas permis d’atteindre l’objectif principal : l’établissement de la sécurité dans tout le pays, l’organisation d’élections et le transfert du pouvoir à un gouvernement élu.

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