Haïti : premier Conseil des ministres après la fin du CPT, l’exécutif se recentre autour du Premier ministre
Port-au-Prince, 7 février 2026 — Le gouvernement haïtien a tenu, samedi, un Conseil des ministres présenté comme le premier depuis la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), arrivé à échéance le 7 février 2026. Dans ce nouveau contexte, la conduite de l’exécutif est appelée à s’exercer au sein du Conseil des ministres, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, devenu la principale figure de l’exécutif de facto après le départ du CPT.
Le document d’ordre du jour de la réunion du 7 février indique une ouverture de séance à 11h30 et prévoit notamment l’examen d’un projet d’arrêté nommant Alix Didier Fils-Aimé ministre de l’Économie et des Finances par intérim, ainsi qu’un projet de décret plaçant l’exercice du pouvoir exécutif sous l’égide du Conseil des ministres, au regard d’une “vacance de la Présidence”. Il inclut aussi des projets d’arrêté visant à doter Port-au-Prince, Pétion-Ville et Gressier de commissions municipales chargées de gérer les intérêts des communes “jusqu’aux prochaines élections”.
Cette première réunion intervient après une séquence politique tendue. Quelques semaines avant la fin de leur mandat, une majorité au sein du CPT a engagé une procédure visant à destituer le Premier ministre, déclenchant une controverse sur la portée juridique de cette décision et sur les conditions de son application. Dans ce contexte, les États-Unis ont publiquement réaffirmé leur soutien à Alix Didier Fils-Aimé. Parallèlement, Washington a imposé des restrictions de visa à des membres du Conseil présidentiel de transition, ainsi qu’à Alfred Métellus, alors ministre de l’Économie et des Finances, dont le nom avait circulé comme successeur potentiel de M. Fils-Aimé.
Les nominations officielles et l’étendue du contrôle « intérimaire » seront suivies de près : le fait que le portefeuille de l’Économie et des Finances reste sous l’autorité du Premier ministre – et pour combien de temps – indiquera le degré de centralisation de cette structure de transition. Plus généralement, l’absence de consensus sur un cadre de gouvernance post-transition rend le pays vulnérable à de nouveaux conflits de légitimité et d’autorité.

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