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Delmas operation de demolition des constructions illégales - Mercredi 11 Février 2026

Delmas, ordre urbain et survie économique : quand dégager les trottoirs révèle la crise sociale

Louée par certains, critiquée par d’autres, l’opération visant à dégager les trottoirs à Delmas met en lumière le dilemme d’un État qui rétablit l’ordre sans alternatives de relogement ni d’emplois pour des ménages déjà en situation précaire.

La mairie de Delmas a déclenché, mercredi 11 février 2026, une opération visant à dégager les trottoirs et certains espaces publics occupés par des marchands, boutiques, maisonnettes et autres structures érigées illégalement, avec l’appui de la Police nationale. Selon les autorités communales, ces installations constituent un obstacle à la circulation des piétons et des véhicules, posent un problème de sécurité publique et freinent l’aménagement urbain.

Dans une note publiée quelques jours plus tôt, la mairie avait annoncé qu’elle procéderait à la démolition de toutes les structures construites sur les trottoirs “sans exception”, arguant que l’occupation de la voie publique compromet la mobilité et l’ordre urbain. Sur le terrain, plusieurs témoignages rapportent que certains commerçants ont demandé un délai supplémentaire, tandis que le maire Wilson Jeudy a laissé entendre qu’une marge pourrait être accordée dans certains cas, sans remettre en cause le principe de l’opération.

L’initiative est accueillie favorablement par une partie de la population, qui y voit une réponse à l’encombrement chronique des artères de Delmas. Mais elle suscite aussi de vives critiques, dans un contexte où l’économie informelle sert de filet de survie à des milliers de familles. La commune se trouve au cœur d’une région métropolitaine bouleversée par la crise : la violence a provoqué une hausse record des déplacements internes, avec plus de 1,4 million de personnes déplacées selon l’OIM, et la pression démographique s’est accrue dans les zones perçues comme relativement moins exposées.

Au-delà du débat sur la légalité des constructions, la controverse renvoie à une question plus large : que fait-on des ménages et micro-entrepreneurs qui occupent l’espace public faute d’alternative (logement, relogement, emploi, accès à un marché formel) ? Dans un pays où l’État peine à fournir des services de base et où l’insécurité perturbe durablement l’activité économique, l’“assainissement” urbain peut être perçu, par les plus précaires, comme une perte immédiate de revenus et de protection.

Delmas n’est pas un cas isolé. En janvier, une opération similaire au Cap-Haïtien avait également relancé le débat sur la méthode (préavis court, démolitions, absence de solutions de relocalisation) et sur l’équilibre entre ordre public et choc social.

Dans les deux villes, le dilemme reste le même : restaurer l’espace public est un objectif compréhensible, mais le coût social devient explosif quand il n’existe ni accompagnement crédible ni alternatives économiques.

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