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Quand l’emploi ne suffit plus : la pauvreté au travail en Haïti

La pauvreté en Haïti ne se limite plus au chômage. Elle frappe de plus en plus des personnes qui travaillent, mais dont le revenu ne suffit pas à vivre dignement. Ces sept dernières années, l’économie haïtienne a subi des revers répétés qui ont plongé une part croissante de la population dans la précarité. De nombreux ménages jadis considérés comme « classe moyenne » ont basculé dans la pauvreté, tandis que les plus vulnérables ont glissé vers l’extrême pauvreté. Dans un pays marqué par de profondes contraintes structurelles et une faible résilience, la crise ne se résume plus au chômage. Elle touche de plus en plus des personnes qui travaillent, sans gagner assez pour vivre.

Le Rapport 2025 de La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur les pays les moins avancés estime qu’en 2024, 31,2 % des Haïtiens employés vivaient avec moins de 2,15 dollars (PPA) par jour, ce qui signifie qu’une part importante des travailleurs demeure dans l’extrême pauvreté malgré un emploi. Cette « pauvreté au travail » révèle un problème lié à la qualité des emplois : bas salaires, horaires irréguliers, faible productivité et protection limitée des travailleurs maintiennent les revenus en dessous du minimum nécessaire à une vie décente.

Une cause centrale est le poids de l’économie informelle, où les travailleurs disposent rarement de contrats stables, de revenus prévisibles ou de couverture sociale. Dans ce contexte, même lorsque l’économie crée des emplois, beaucoup ne sont que des emplois de survie : commerce ambulant, petits services, travail journalier. Les revenus y sont fragiles, et les chocs liés notamment à la violence, aux pénuries de carburant, aux tensions politiques, aux incendies de marchés et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement se transforment rapidement en pertes durables, parfois irréversibles, pour les ménages.

Les liens extérieurs du pays éclairent aussi la persistance de la pauvreté. La CNUCED montre qu’Haïti fait partie des pays qui exportent une large part de leurs services vers les économies développées : en 2023, environ 76 % des exportations de services étaient destinées aux pays développés, contre 23 % vers d’autres économies en développement. Cette orientation peut être un atout lorsque ces marchés sont porteurs, mais elle accroît la vulnérabilité : si la demande faiblit à l’étranger ou si les habitudes de voyage changent, les recettes chutent. La fermeture du principal aéroport international aggrave encore ce risque, en freinant les flux de passagers, les déplacements d’affaires, l’activité touristique et les expéditions urgentes dont dépendent de nombreux prestataires.

Le tourisme illustre également ce décalage entre travail et revenus. La CNUCED souligne qu’Haïti affiche un niveau d’emploi touristique relativement élevé malgré des recettes plus faibles que certains pays comparables. Si l’activité se concentre dans des services informels à faible rendement, ou si l’insécurité et les infrastructures limitent la valeur captée par visiteur, le secteur peut employer beaucoup tout en laissant une grande partie des travailleurs pauvres.

Enfin, la pauvreté est façonnée par la géographie et les pressions migratoires. Haïti figure parmi les pays où l’écart de chômage entre zones urbaines et rurales dépasse 10 points : les villes attirent, mais offrent trop peu d’emplois décents. Dans les zones rurales, les producteurs peinent à concurrencer les importations à bas prix et à transporter leurs produits en raison d’un manque d’infrastructures et de l’insécurité, ce qui entraîne un exode rural, une croissance de l’économie informelle urbaine et une augmentation des tensions sociales.

Une stratégie cohérente doit donc aller au-delà de la simple « création d’emplois ». Il faut des emplois mieux rémunérés. Cela passe par plus de sécurité et de meilleures routes pour permettre aux entreprises de fonctionner, un accès fiable à l’électricité et à Internet, des démarches simples pour formaliser les petites activités et accéder au crédit, et des formations alignées sur des services à plus forte valeur ajoutée.

Delmas operation de demolition des constructions illégales - Mercredi 11 Février 2026 Previous post Delmas, ordre urbain et survie économique : quand dégager les trottoirs révèle la crise sociale
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