Le mardi 6 janvier 2026, une cour fédérale à Washington, D.C., a tenu une audience d’environ sept heures sur la légalité de la décision de l’administration Trump — annoncée le 26 novembre 2025 — de ne pas renouveler le Temporary Protected Status (TPS) pour Haïti.
Le TPS est un statut humanitaire qui permet à des ressortissants de pays frappés par une crise majeure (conflit, catastrophe, effondrement institutionnel) de vivre et travailler légalement aux États-Unis, sans offrir pour autant une voie directe vers la résidence permanente.
Selon la page officielle de l’USCIS, la fin du TPS pour Haïti est programmée au 3 février 2026. L’enjeu immédiat est énorme : environ 350 000 Haïtiens risquent de perdre leur protection et leur autorisation de travail si la décision est maintenue. La juge Ana C. Reyes a indiqué qu’elle comptait statuer sur la demande de suspension (injunction) au plus tard le 2 février, soit la veille de l’expiration.
Au cœur de l’audience : la question de savoir si le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a réellement procédé à une évaluation sérieuse des conditions en Haïti, comme l’exigent les logiques administratives de ce type de programme. La juge a vivement interrogé l’argument du gouvernement selon lequel la Secrétaire à la Sécurité intérieure disposerait d’une marge de manœuvre quasi totale, et a surtout insisté sur le point essentiel : la sécurité du retour.
Cette interrogation tombe dans un contexte où les autorités américaines elles-mêmes décrivent Haïti comme dangereux : le Département d’État maintient un avis “Level 4: Do Not Travel” pour Haïti en raison notamment des enlèvements, de la violence et de l’instabilité.
Sur le plan opérationnel, la crise sécuritaire se traduit aussi par des restrictions aériennes : l’aviation civile américaine a, à plusieurs reprises, renforcé ou prolongé des limitations liées aux risques en Haïti, et la situation autour de Port-au-Prince reste jugée hautement problématique.
La tentative de mettre fin au TPS s’inscrit dans une dynamique plus large : l’administration Trump cherche à réduire fortement plusieurs programmes de protection temporaire, déclenchant une série de recours judiciaires. Ce climat explique pourquoi les tribunaux deviennent un champ de bataille central : ailleurs, des juges ont déjà temporairement bloqué des décisions liées au TPS pour d’autres nationalités, signe que la question n’est pas seulement politique, mais aussi juridique et procédurale.
