BRH : nouvelles exigences de liquidité pour les institutions de microfinance – ce qui change dès avril 2026
La Banque de la République d’Haïti (BRH) vient de fixer un nouveau cadre prudentiel sur la liquidité minimale que doivent respecter les institutions de microfinance (IMF). L’objectif est de garantir que ces institutions puissent faire face aux retraits, absorber les chocs et éviter les crises de trésorerie susceptibles de miner la confiance du public. Datée du 11 février 2026, la circulaire indique une entrée en vigueur au 1er avril 2026, avec des dispositions transitoires pour la mise en conformité.
La circulaire rappelle que la BRH peut exiger des niveaux de liquidités plus élevés si elle juge le risque « particulièrement élevé », notamment en cas de dépôts concentrés ou de sources de financement instables. La BRH impose ainsi un plafond par déposant ou groupe de déposants liés : le solde du compte d’un déposant ne peut en aucun cas excéder 5 % du total des dépôts de l’institution.
En clair, une institution de microfinance ne doit plus dépendre excessivement d’un petit nombre de clients qui, à eux seuls, pourraient déclencher une crise de liquidités en cas de retrait massif.
La circulaire introduit trois ratios clés qui doivent être respectés :
- Ratio de liquidité immédiate (RLI) ≥ 20 %
Il mesure la capacité à couvrir les engagements à court terme : Trésorerie et assimilé / Passifs exigibles à 30 jours. - Ratio de financement stable (RFS) ≥ 100 %
Il vise à éviter que des ressources très courtes financent des emplois à moyen/long terme ; autrement dit, les emplois longs doivent être couverts par des ressources stables. - Ratio de couverture des immobilisations (RCI) ≤ 75 %
Il encadre le poids des immobilisations par rapport aux fonds propres réglementaires, afin de ne pas “bloquer” trop de ressources dans des actifs peu liquides.
La BRH exige un dispositif régulier de rapports, notamment, un rapport sur les 10 plus grands déposants, le suivi du RLI, du RFS, et de la couverture des immobilisations (annexes). En cas de non-respect, la circulaire prévoit des sanctions, notamment des pénalités journalières en cas d’infraction et des sanctions liées au retard ou à l’absence de rapports.
Ces nouvelles exigences de liquidité de la BRH renforcent la stabilité du secteur, mais elles peuvent aussi hausser les barrières à l’entrée. Les seuils (RLI ≥ 20 %, RFS ≥ 100 %) obligent les IMF à garder davantage de ressources en liquidités ou en financements stables, ce qui réduit la capacité de prêter au démarrage et augmente les coûts de conformité (systèmes, contrôle interne, rapports). Les petits acteurs et les nouveaux entrants risquent donc d’être pénalisés.
La limite de 5 % par déposant peut être difficile dans un marché où quelques gros déposants pèsent souvent lourd. Elle peut conduire à refuser certains dépôts, encourager des contournements (comptes fractionnés) ou déplacer l’épargne vers des circuits moins régulés. Enfin, ces contraintes peuvent pousser les IMF à rationner le crédit, raccourcir les maturités ou augmenter les taux/frais, avec un risque de freiner l’inclusion financière, surtout en période de chocs, où la règle peut devenir procyclique.

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