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Chine–Amérique latine : une présence économique devenue impossible à ignorer

Sous l’angle des chiffres, l’empreinte chinoise en Amérique latine ne se résume plus à quelques projets symboliques. Elle se lit dans le commerce, les investissements, les infrastructures et même la finance. D’abord, il y a le commerce, qui donne l’échelle du basculement. Selon les données citées lors du forum Chine–CELAC, les échanges Chine–Amérique latine et Caraïbes ont atteint 515 milliards de dollars en 2024, contre 450 milliards en 2023… et seulement 12 milliards en 2000. Autrement dit, en un quart de siècle, la relation commerciale est passée d’un partenariat périphérique à un axe majeur.

L’Amérique latine exporte principalement des matières premières (soja, cuivre, pétrole, produits agricoles) et importe davantage de produits manufacturés et d’équipements. Ensuite, il y a les investissements et infrastructures, qui transforment la relation commerciale en présence physique durable. Un exemple frappant : le port de Chancay au Pérou, développé par COSCO (Chine) avec environ 1,4 milliard de dollars d’investissement. Ce hub vise à réduire les coûts logistiques, accélérer les exportations latino-américaines vers l’Asie et ancrer la région dans les routes maritimes liées à la Belt & Road Initiative. À cela s’ajoute une diplomatie économique plus structurée. Pékin a signé des accords de libre-échange avec plusieurs pays de la région, dont le Chili, le Costa Rica, l’Équateur, le Nicaragua et le Pérou (entre autres), ce qui renforce la profondeur institutionnelle des échanges.

Enfin, la dimension financière est devenue plus visible. Sur la durée, les banques publiques chinoises (CDB, Ex-Im Bank) ont engagé plus de 120 milliards de dollars en prêts et financements vers l’Amérique latine et les Caraïbes depuis le milieu des années 2000, même si les montants récents sont en baisse par rapport aux pics des années 2010. En parallèle, Pékin propose désormais des outils qui servent aussi ses intérêts monétaires : en 2025, la Chine a annoncé près de 10 milliards de dollars de lignes de crédit (en yuan) à la région, un signal qui soutient la coopération… tout en favorisant l’internationalisation de sa monnaie.

L’empreinte économique croissante de la Chine en Amérique latine s’accompagne d’un risque majeur. La région redevient un espace de rivalité stratégique entre grandes puissances, où les investissements peuvent déclencher des réactions politiques et sécuritaires. Le Venezuela illustre ce basculement : au-delà des liens commerciaux, Pékin y possède des intérêts énergétiques importants via des entreprises publiques comme CNPC et Sinopec, avec des “droits” sur des réserves de pétrole significatives. Dans ce contexte, l’opération américaine du 3 janvier 2026, visant à capturer Nicolás Maduro, a été interprétée comme un signal direct adressé à Pékin.

Washington entend freiner l’influence chinoise dans l’hémisphère et reprendre la main sur des flux stratégiques, notamment pétroliers. Les mesures qui ont suivi, dont la saisie de navires liés au Venezuela et l’effort de rediriger des cargaisons vers les États-Unis — renforcent l’idée que les infrastructures, les minerais et l’énergie ne sont plus seulement des enjeux économiques, mais aussi des leviers de puissance susceptibles d’accroître l’instabilité et le risque pays pour les acteurs locaux.

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