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Des défaillances systémiques laissent les Haïtiens affamés malgré la chute des prix mondiaux

Alors que le prix mondial du riz continue de chuter, les Haïtiens sont confrontés à une insécurité alimentaire croissante, non pas imputable aux marchés internationaux, mais aux dysfonctionnements, à l’insécurité et à la négligence au niveau national.

La production alimentaire en Haïti est depuis longtemps minée par un sous-investissement chronique, le manque d’accès au financement et aux équipements, et la concurrence d’importations moins chères. Pourtant, les événements récents suggèrent un phénomène plus délibéré : le sabotage et la persécution politique de producteurs locaux clés.

Un cas a alarmé la société civile et les agriculteurs. Le pasteur Moïse Joseph, leader communautaire important et propriétaire de l’usine de riz KPK dans le nord d’Haïti, a été arrêté le 25 septembre dans des circonstances douteuses. Cette arrestation faisait suite à une ordonnance du tribunal ordonnant la fermeture de son usine après qu’une voiture immatriculée à son nom a été impliquée dans un accident, alors qu’il n’en était pas le conducteur.

Le pasteur Moïse avait également joué un rôle majeur dans la construction du « Canal de la Rivière Massacre », un projet d’irrigation réalisé par les citoyens locaux et la diaspora pour améliorer la souveraineté alimentaire. Le gouvernement n’a offert aucun soutien, et la République dominicaine s’est opposée au canal, malgré l’exploitation de onze prises d’eau sur le fleuve. Nombreux sont ceux qui voient dans l’arrestation de Joseph une initiative plus vaste visant à réduire au silence ceux qui contestent la dépendance d’Haïti aux importations.

Ces événements surviennent dans un contexte d’inflation galopante et de récession économique croissante. L’économie haïtienne s’est contractée de 4,2 % en 2024 et les prix à la consommation ont bondi de plus de 30 % au cours de l’année se terminant en août 2025. Le prix du riz à lui seul a augmenté de près de 38 %.

Avec une production nationale faible, des coûts d’importation élevés et un contrôle violent des chaînes d’approvisionnement, les familles réduisent leurs repas et la qualité nutritionnelle, ce qui entraîne une augmentation de la malnutrition.

L’insécurité aggrave tous les défis. Les gangs dominent les routes entre les zones agricoles comme l’Artibonite et les pôles de consommation comme Port-au-Prince, bloquant la circulation des aliments et faisant grimper les prix. Les denrées alimentaires importées stagnent souvent au port ou sont volées, tandis que les agriculteurs locaux sont coincés sans accès aux marchés ni protection.

Dans ce contexte, la baisse des prix mondiaux ne change rien pour la plupart des Haïtiens. Le soulagement ne viendra que lorsque les systèmes alimentaires locaux seront protégés, que les producteurs seront autonomisés – et non punis – et que l’État commencera à privilégier la souveraineté alimentaire et la justice économique. En attendant, les prix affichés à l’étranger n’apportent que peu de réconfort à ceux qui souffrent de la faim chez eux.

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