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l'Accord de facilitation douanière

Facilitation douanière : un accord stratégique entre l’État et le secteur privé

Port-au-Prince, 16 janvier 2026 — Dans un contexte marqué par la contraction économique, l’insécurité et l’érosion de la base productive, l’État haïtien et le secteur privé ont posé un jalon important en signant un accord de facilitation douanière visant à fluidifier le commerce licite, réduire les coûts de production et renforcer la compétitivité nationale.

La cérémonie s’est tenue ce vendredi à l’hôtel Montana, en présence de représentants du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), de l’Administration générale des Douanes (AGD), de la Direction générale des Impôts (DGI), de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) et de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), ainsi que de plusieurs cadres de l’administration publique et acteurs du secteur privé.

Au cœur de ce protocole se trouve une compréhension commune : la nécessité de réduire les frictions douanières et de restaurer la compétitivité. Les lenteurs, le manque de transparence et les coûts liés aux procédures douanières pèsent lourdement sur la production locale, découragent les investissements et fragilisent l’emploi.

Pour le président de l’ADIH, Maulik Radia, la facilitation douanière est devenue un levier stratégique : « Elle permet de réduire les coûts administratifs du dédouanement, d’améliorer la productivité et de préserver la compétitivité des entreprises, tant sur le marché local qu’international. »

Selon lui, l’enjeu dépasse la simple efficacité administrative. En améliorant la fiabilité et la prévisibilité des procédures, l’accord contribue aussi à renforcer la crédibilité du label “Made in Haiti”, dans un environnement de concurrence internationale accrue.

De son côté, le président de la CCIH, Jean Nathan Létang, a insisté sur la double mission de l’État : assurer des recettes douanières stables tout en facilitant le commerce légal.

Il a souligné que la complexité et l’inaccessibilité de certaines données douanières alimentent la méfiance, le clientélisme et les traitements inéquitables — au détriment à la fois des entreprises et des finances publiques.

L’accord vise précisément à répondre à ce double défi :

  • faciliter les échanges légitimes,
  • renforcer la collecte des recettes et la conformité fiscale.

Parmi les avancées prévues figurent :

  • la simplification des procédures douanières pour les entreprises industrielles,
  • la réduction des délais et des coûts d’importation,
  • la mise en place de guichets dédiés, du pré-dédouanement à l’entreposage en usine,
  • et surtout, la création d’une plateforme numérique de transparence douanière, destinée à publier procédures, délais, taux applicables et décisions administratives.

Pour la CCIH, cet outil est central afin de :

  1. lutter contre le clientélisme et les traitements préférentiels,
  2. renforcer la confiance des opérateurs économiques,
  3. permettre un contrôle citoyen de l’administration,
  4. garantir l’équité d’accès aux mesures de facilitation.

Prenant la parole, le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Métellus, a rappelé que ce protocole est le fruit d’un long processus de concertation avec le secteur privé. Il a précisé que l’objectif n’est pas une exonération systématique, mais une gestion plus intelligente et plus ciblée des intrants productifs, afin de :

  • soutenir durablement la production nationale,
  • améliorer la compétitivité de l’économie,
  • réduire les tensions sur l’offre,
  • et protéger, à terme, le pouvoir d’achat des ménages.

Le ministre a également annoncé que des réformes plus larges sont en préparation, notamment dans le cadre de la révision du Code des investissements et du Code douanier.

Conclu pour une durée de trois ans, ce protocole n’est pas encore entré en vigueur.  Toutefois, toutes les parties prenantes ont déclaré qu’il représente une première étape dans un contexte fragile. Elles ont également reconnu qu’il marque un changement d’approche : passer du dialogue à l’action, dans un esprit de coopération public-privé.

Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, le véritable test résidera dans la mise en œuvre, le suivi rigoureux par la commission tripartite prévue, et la capacité collective à maintenir un dialogue technique ouvert, fondé sur des données vérifiables.

Dans un pays confronté à sept années consécutives de contraction économique, cet accord ne résoudra pas à lui seul les défis structurels. Mais il envoie un signal clair : la modernisation de la douane peut devenir un levier concret de relance, de transparence et de reconstruction de la confiance entre l’État et les entreprises.

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