Inflation en Haïti, janvier 2026 : la pression continue, surtout sur l’alimentation
En janvier 2026, l’inflation en Haïti reste élevée, même si la hausse mensuelle montre un léger ralentissement. L’indice général des prix atteint 580,9 et progresse de 0,9 % sur un mois, tandis que la hausse sur douze mois s’établit à 23,5 %. Autrement dit, les prix continuent d’augmenter rapidement sur l’année, mais le rythme de la hausse le mois dernier est moins explosif que celui du mois précédent. Pour les ménages, cela signifie que le coût de la vie reste plus élevé qu’il y a un an, et que le répit mensuel ne suffit pas à compenser la perte cumulée de pouvoir d’achat.
La structure de l’inflation explique pourquoi la population la ressent fortement. Les produits alimentaires augmentent de 1,0 % sur un mois et de 25,1 % sur un an, ce qui frappe directement le budget des familles. Le poste logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles affiche la plus forte hausse annuelle, 36,1 %, avec 0,9 % sur un mois, un signal clair que l’énergie et les coûts liés au logement restent un moteur central de la cherté de la vie.
Plusieurs autres postes avancent encore à un rythme élevé sur un an, comme restaurants 26,2 %, habillement 22,3 %, et meubles et entretien du foyer 20,7 %. À l’inverse, certains postes évoluent beaucoup plus lentement, comme transport 3,9 %, communication 2,9 %, et enseignement 4,5 %, ce qui montre que l’inflation n’est pas uniforme.
Nous constatons également que l’inflation en Haïti est plus élevée sur les produits locaux (25,5 %) que sur les produits importés (20,5 %), ce qui suggère que les facteurs internes, les coûts de distribution, l’insécurité, la logistique, les marges, les contraintes d’approvisionnement pèsent lourdement sur les prix, et pas seulement sur le taux de change.
Pour le pouvoir d’achat, l’impact est immédiat et cumulatif. Quand l’inflation annuelle dépasse 20 %, les salaires et revenus informels suivent rarement au même rythme, donc la majorité des ménages doit arbitrer. On réduit la quantité, on baisse la qualité, on reporte les soins, on coupe dans l’éducation, on renonce à certaines dépenses de transport ou de loisirs. Cette pression se voit aussi dans les écarts géographiques.
En janvier 2026, l’inflation annuelle est d’environ 24,4 % dans l’aire métropolitaine et le reste Ouest, contre 21,1 % dans le Nord, avec des hausses mensuelles allant de 0,7 % à 1,1 % selon les régions. Concrètement, la cherté de la vie reste particulièrement sensible là où la demande est forte, où les coûts de circulation sont plus élevés, et où les chocs d’approvisionnement se transmettent vite aux marchés.
Sur le plan macroéconomique, une inflation durablement élevée agit comme une taxe invisible. Elle fragilise la consommation, augmente l’incertitude pour les entreprises, réduit la capacité d’épargne, et alimente une économie de survie où les décisions se prennent à court terme.
Même si le 0,9 % mensuel de janvier peut donner l’impression d’un ralentissement, la hausse annuelle de 23,5 % rappelle que le pays reste dans une zone de forte inflation, avec des effets profonds sur le bien-être. Le signal à retenir est donc double : un rythme mensuel un peu moins agressif, mais une pression toujours très lourde sur les besoins essentiels, surtout l’alimentation et le logement, qui déterminent la réalité quotidienne de la majorité des ménages.

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