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Banque mondiale : le ralentissement mondial rappelle la fragilité de la reprise en Haïti

Alors que la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance mondiale à 2.5% en 2026, Haïti aborde cette période avec une économie encore fragilisée par l’insécurité, l’inflation et sa dépendance aux importations.

La Banque mondiale dresse un constat préoccupant dans son rapport Global Economic Prospects de juin 2026. L’économie mondiale ralentit, les prix de l’énergie repartent à la hausse, et les pays en développement risquent de perdre encore du terrain face aux économies avancées.

Haïti n’échappe pas à ce contexte difficile. Le pays affronte ce choc mondial avec une économie déjà fragilisée par plusieurs années de contraction, l’insécurité, la crise alimentaire, la dépendance aux importations et la faiblesse des institutions.

Points clés
  • La croissance mondiale devrait ralentir à 2.5% en 2026, contre 2.9% en 2025.
  • Pour Haïti, la Banque mondiale prévoit une faible croissance de 0.6% en 2026, après une contraction estimée à -2.7% en 2025.
  • Le FMI est plus pessimiste et anticipe plutôt une huitième année consécutive de contraction.
  • Les produits pétroliers pèsent lourd dans les importations haïtiennes, ce qui rend le pays vulnérable aux chocs sur les prix mondiaux de l’énergie.

Un choc mondial qui touche directement Haïti

Le ralentissement mondial crée un environnement moins favorable pour les pays dépendants des importations, des envois de fonds, de l’aide extérieure ou du financement international. La hausse des prix de l’énergie est particulièrement importante pour Haïti, qui importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers.

Selon les données commerciales disponibles, les combustibles minéraux, qui comprennent notamment les produits pétroliers, ont représenté environ 727 millions de dollars en 2025, soit près de 15% des importations totales du pays. Cette part ne constitue pas la majorité de la facture d’importation, mais elle est assez élevée pour rendre l’économie haïtienne très sensible aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole.

Quand le carburant augmente, les effets se propagent rapidement : transport plus cher, prix alimentaires plus élevés, coûts de production en hausse et pouvoir d’achat réduit pour les ménages.

Une reprise encore très incertaine

Après sept années consécutives de contraction, l’économie haïtienne reste dans une situation fragile. La Banque mondiale prévoit une croissance de 0.6% en 2026, ce qui marquerait une sortie technique de la contraction. Mais cette projection doit être lue avec prudence.

D’abord, une croissance aussi faible ne suffit pas à effacer les pertes accumulées depuis plusieurs années. Ensuite, le FMI prévoit plutôt une nouvelle contraction en 2026, ce qui signifierait une huitième année consécutive de recul économique. Cette divergence montre que la trajectoire d’Haïti dépendra fortement de l’évolution de la sécurité, de la reprise de l’activité privée et de la stabilité des prix.

La Caraïbe avance, mais Haïti reste à part

Dans les Caraïbes, la Banque mondiale prévoit une croissance d’environ 2.5% en 2026, soutenue notamment par les services, le tourisme et la demande intérieure dans certains pays. Mais Haïti ne bénéficie pas des mêmes moteurs.

Le tourisme reste limité, l’investissement privé est freiné par l’insécurité, et les chaînes d’approvisionnement internes demeurent fragiles. La région peut donc afficher une reprise modérée pendant qu’Haïti reste coincée dans une situation économique beaucoup plus difficile.

La croissance ne suffira pas

Une croissance positive de l’économie haïtienne en 2026 ne suffira pas. Le rapport de la Banque mondiale ne parle pas seulement d’un ralentissement temporaire. Il met en garde contre un problème plus profond. De nombreux pays en développement, dont Haïti, risquent de rester bloqués dans une trajectoire de croissance insuffisante. Les chocs externes, énergie, inflation, taux d’intérêt, dette, commerce mondial, s’ajoutent aux faiblesses internes.

Le pays a besoin d’une reprise qui repose sur des bases plus solides : sécurité, production locale, énergie fiable, routes fonctionnelles, institutions capables d’exécuter les politiques publiques, investissement privé et meilleur ciblage des appuis sociaux.

À cela s’ajoutent des enjeux plus structurels, comme la réduction des coûts et blocages dans les circuits douaniers, la lutte contre les pratiques de concurrence déloyale, l’amélioration du climat des affaires et le renforcement de la capacité de l’État à appliquer des règles claires. Sans ces conditions, une croissance positive risque de rester fragile, limitée et insuffisante pour transformer réellement la vie économique du pays.

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