Détroit d’Hormuz : pourquoi ce passage est vital pour l’économie mondiale
Le détroit d’Hormuz est bien plus qu’un simple corridor maritime entre l’Iran et Oman. C’est l’un des points de passage les plus stratégiques du commerce mondial, car il concentre à lui seul environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole et une part importante des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié et d’engrais. Selon l’Agence internationale de l’énergie, près de 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers y ont transité en 2025, avec peu d’alternatives crédibles en cas de blocage durable.
Les données publiées par la CNUCED, d’après Clarksons Research, montrent à quel point ce passage est central selon les catégories de cargaisons. Une semaine avant l’escalade militaire, le détroit représentait 38 % du commerce maritime mondial de pétrole brut, 29 % du GPL, 19 % du GNL, 19 % des produits pétroliers raffinés, 13 % des produits chimiques, 3 % des conteneurs et 2 % du vrac solide. La CNUCED souligne aussi qu’environ un tiers du commerce maritime mondial d’engrais dépend de cette zone, avec 16 millions de tonnes exportées depuis la région du Golfe en 2024, dont 67 % d’urée.
Cette concentration explique pourquoi la moindre perturbation à Hormuz se répercute presque immédiatement sur les prix mondiaux. La CNUCED avertit que les tensions actuelles peuvent faire grimper non seulement les prix de l’énergie, mais aussi les coûts du transport maritime, du carburant de soute, de l’assurance et, à terme, de l’alimentation. L’organisation rappelle que la hausse des coûts énergétiques et des engrais frappe particulièrement les pays les plus vulnérables, surtout ceux qui dépendent fortement des importations.
Les marchés ont déjà commencé à réagir. Reuters rapportait le 16 mars que, même si certains navires ont pu recommencer à traverser le détroit, le Brent restait au-dessus de 100 dollars le baril et l’IEA se disait prête à envisager de nouvelles libérations de réserves stratégiques si nécessaire. Cela montre que le problème n’est pas seulement régional : même un passage partiellement perturbé suffit à raviver les tensions sur l’énergie à l’échelle mondiale.

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