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Indice de perception de la corruption 2023 : Haïti se classe 172e sur 180 pays et territoires

Dans son rapport annuel de L'IPC 2023, Transparency International classe Haïti au 172e rang mondial sur 180 pays et territoires.

Dans son Indice de perception de la corruption 2023, Transparency International classe Haïti au 172e rang sur 180 pays et territoires. Le pays obtient un score de 17 sur 100, à égalité avec trois autres États.

L’Indice de perception de la corruption, ou IPC, évalue la perception du niveau de corruption dans le secteur public. Les scores vont de zéro à 100 : un score faible traduit une perception élevée de la corruption, tandis qu’un score élevé indique que le secteur public est perçu comme plus intègre.

Avec 17 points, Haïti demeure parmi les pays les moins bien classés. Cette situation reflète notamment la faiblesse des institutions, les limites des mécanismes de contrôle, les difficultés du système judiciaire et le manque de reddition de comptes dans la gestion publique.

Une dégradation persistante

Le meilleur rang obtenu par Haïti au cours des deux décennies précédentes était la 154e place en 2010. Depuis, aucune amélioration durable n’a été observée dans le classement présenté par Transparency International.

En 2023, Haïti recule d’une place par rapport à l’année précédente et de huit places par rapport à 2021. Cette détérioration s’inscrit dans une période marquée par d’importants flux de ressources publiques et internationales, notamment ceux liés au programme PetroCaribe et à l’aide accordée après le séisme de 2010, sans que les mécanismes de contrôle et de reddition de comptes aient été suffisamment renforcés.

La situation institutionnelle s’est davantage fragilisée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. L’affaiblissement de l’autorité publique et la détérioration de l’État de droit ont réduit la capacité des institutions à prévenir, détecter et sanctionner les pratiques de corruption.

Haïti parmi les moins bien classés des Amériques

Dans la région des Amériques, le Canada, l’Uruguay et la Barbade obtiennent les meilleurs résultats, avec respectivement 76, 73 et 69 points.

À l’inverse, Haïti et le Nicaragua enregistrent chacun un score de 17, tandis que le Venezuela obtient 13 points. Ces trois pays se situent au bas du classement régional.

En Haïti, le manque d’indépendance, de responsabilité et d’efficacité des autorités d’enquête, des organes de poursuite et du système judiciaire contribue à affaiblir la confiance du public. Cette situation peut également décourager les citoyens de signaler les irrégularités et renforcer la perception que les responsables impliqués dans des actes répréhensibles ne seront pas sanctionnés.

Corruption, réglementation et développement économique

Une étude publiée en 2002 dans le Journal of Business Ethics établissait une association entre les faibles résultats dans l’IPC, l’importance de l’économie informelle et l’accumulation de réglementations difficiles à appliquer. Elle observait également que les pays disposant d’un produit intérieur brut réel par habitant plus élevé obtenaient généralement de meilleurs scores.

Cette relation ne signifie pas que la corruption constitue l’unique cause de la faiblesse économique. Elle montre toutefois que la fragilité institutionnelle, l’application inégale des règles et l’absence de transparence peuvent décourager l’investissement, réduire l’efficacité des dépenses publiques et limiter la capacité de l’État à fournir des services essentiels.

Dans les États où les institutions sont particulièrement faibles, la corruption peut avoir des conséquences plus destructrices. Lorsque les ressources détournées sont placées à l’étranger plutôt que réinvesties dans l’économie nationale, le pays perd à la fois des fonds publics, des capacités d’investissement et des possibilités de développement.

Les pays en tête et au bas du classement

Le Danemark occupe la première place avec un score de 90 sur 100, devant la Finlande, avec 87, et la Nouvelle-Zélande, avec 85. Viennent ensuite la Norvège, avec 84, Singapour, avec 83, ainsi que la Suède et la Suisse, avec 82 chacune.

Au bas du classement, la Somalie obtient le score le plus faible, avec 11 points. Le Venezuela et la Syrie enregistrent chacun un score de 13.

Le classement d’Haïti ne constitue donc pas seulement un indicateur de réputation. Il souligne une faiblesse profonde de la gouvernance publique et la nécessité de renforcer les institutions de contrôle, l’indépendance de la justice, la transparence des marchés publics et l’obligation pour les responsables de rendre compte de leur gestion.

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