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L’ULCC demande à la justice haïtienne de poursuivre sept anciens sénateurs

L’ULCC a transmis des demandes de poursuites judiciaires contre sept anciens sénateurs aux parquets de leurs juridictions respectives.

Ce vendredi 3 mars 2023, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a transmis des demandes de poursuites judiciaires contre sept anciens sénateurs. À travers neuf rapports transmis aux commissaires du gouvernement, l’ULCC a exposé à quel point la corruption est répandue dans l’administration publique. Qu’il s’agisse du parlement, des collectivités territoriales, des organes de sécurité publique, de l’assistance sociale, des universités et établissements scolaires publics, des entreprises publiques, des organes autonomes et des ministères, aucune institution publique n’est touchée par une corruption grave et généralisée.

L’ULCC a rapporté que d’anciens élus influents du Sénat de la République d’Haïti n’avaient pas fait leur déclaration de patrimoine à l’entrée et à la sortie de leurs fonctions. Il s’agit notamment de Nawoom Marcelus, Dieudonné Étienne Luma, Jacques Sauveur Jean, Jean-Marie Junior Salomon, Richard Lenine Hervé Fourcand, Wilfrid Gélin et Willot Joseph.

La corruption est l’un des principaux obstacles au développement économique et à la stabilité politique d’Haïti. Créées en 2004 par décret, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et sa Cellule de renseignement financier (UCREF) sont les deux entités gouvernementales chargées d’enquêter sur la corruption et ses manifestations au sein de l’administration publique.

Cependant, année après année, Haïti se classe parmi les nations les plus corrompues au monde. L’ULCC et la justice haïtienne échouent à mettre derrière les barreaux des politiciens ou des membres influents du secteur privé haïtien soupçonnés de corruption.

En août dernier, l’ULCC a déposé dix rapports d’enquête sur des affaires de corruption demandant à la branche judiciaire du gouvernement de faire bon usage de l’information. Les dossiers présentaient des faits de détournement de biens publics, de contrats illégaux, de corruption, de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir, entre autres, préoccupants. Jusqu’à présent, les citoyens n’ont encore vu aucun résultat concret.

Selon le directeur général de l’ULCC, il y avait 66 dossiers pour une seule condamnation, cinq acquittements, un non-lieu, et 60 dossiers non traités qui pourrissent dans les tiroirs de la justice haïtienne dans une indifférence totale et révoltante. Ce rapport établit que le cancer appelé corruption se nourrit de l’impunité, a déclaré le chef de l’ULCC.

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