Haïti Économie publie son Rapport d’analyse du taux de change consacré à l’évolution de la gourde haïtienne face au dollar américain entre avril et juin 2026, soit le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026. Le rapport analyse les taux publiés par la Banque de la République d’Haïti, les volumes de transactions du marché bancaire, l’écart entre les taux d’achat et de vente ainsi que les interventions de la Banque centrale sur le marché des changes.
- Le taux de référence est resté stable, à 130.55 gourdes pour un dollar en moyenne.
- Les volumes quotidiens ont augmenté de 7 % à l’achat et de 8.1 % à la vente.
- La BRH a été acheteuse nette de 70.32 millions de dollars en avril et mai.
Une relative stabilité du taux de change
Entre avril et juin 2026, le taux de référence s’est établi en moyenne à 130.55 gourdes pour un dollar, contre 130.76 gourdes au trimestre précédent.
Entre la première et la dernière observation du trimestre, le taux est passé de 130.6790 à 130.5279 gourdes pour un dollar. Cette variation limitée correspond à une légère appréciation nominale de la gourde sur le marché bancaire officiel, plutôt qu’à un changement important de tendance.
Le taux moyen d’acquisition, qui correspond au taux moyen de vente bancaire dans les données analysées, s’est établi à 131.09 gourdes, tandis que le taux moyen d’achat du marché bancaire a atteint 130.25 gourdes.
Des volumes de transactions en hausse
La stabilité du taux s’est accompagnée d’une activité plus soutenue sur le marché bancaire.
Les transactions quotidiennes ont atteint en moyenne :
- 18.62 millions de dollars à l’achat, en hausse de 7 % par rapport au trimestre précédent;
- 18.45 millions de dollars à la vente, soit une progression de 8.1 %.
Sur l’ensemble du trimestre, le marché bancaire a traité environ 1.06 milliard de dollars à l’achat et 1.05 milliard à la vente.
Le spread bancaire moyen, soit l’écart entre les taux moyens de vente et d’achat, est revenu de 1.05 gourde au trimestre précédent à 0.84 gourde. Ce resserrement indique que les cotations bancaires se sont rapprochées, sans toutefois garantir que tous les particuliers et toutes les entreprises aient effectivement eu accès aux devises aux taux moyens publiés.
La BRH acheteuse nette de devises en avril et mai
Les données d’intervention disponibles montrent également que la BRH a acheté davantage de devises qu’elle n’en a vendu durant les deux premiers mois du trimestre.
En avril et mai 2026, la Banque centrale a acheté au total 112.82 millions de dollars et en a vendu 42.50 millions. Son solde net acheteur atteint ainsi 70.32 millions de dollars.
Cette situation indique que la stabilité observée durant ces deux mois ne reposait pas sur des ventes nettes de dollars par la Banque centrale. Elle est compatible avec un marché disposant encore d’une offre de devises suffisante pour permettre à la BRH d’en absorber une partie.
L’analyse reste cependant partielle : aucune donnée d’intervention pour juin n’était disponible au moment de la rédaction. Le rapport évite donc d’étendre cette conclusion à l’ensemble du trimestre.
Une stabilité à interpréter avec prudence
La stabilité du taux de change officiel constitue un élément important dans un contexte marqué par une inflation encore élevée, l’insécurité, la faiblesse de l’activité économique et les pressions sur les coûts d’importation.
Elle ne signifie toutefois pas, à elle seule, que l’économie se normalise ou que le pouvoir d’achat des ménages s’améliore. Le taux de change peut rester stable alors que les prix continuent d’augmenter, que la production recule et que l’accès aux devises reste difficile pour certaines entreprises.
Le rapport souligne donc une évolution contrastée : des taux presque inchangés, des volumes plus élevés, un spread plus faible et une BRH acheteuse nette de devises en avril et mai, mais sans preuve suffisante pour conclure à une amélioration structurelle du marché des changes.
Consulter le rapport
Le rapport complet présente la méthodologie, les graphiques quotidiens, les comparaisons trimestrielles et annuelles ainsi que l’annexe statistique.
PDF — 11 pages. Le rapport s’ouvre dans un nouvel onglet.
