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Bol de riz blanc sur fond de grains de riz en Haïti

Insécurité alimentaire en Haïti : un léger mieux, mais 5,83 millions de personnes restent en crise ou en urgence

Malgré une légère amélioration par rapport à la projection précédente, la faim reste à un niveau critique en Haïti, avec plus de 5,83 millions de personnes attendues en phase 3 ou plus entre mars et juin 2026. La mise à jour IPC publiée le 16 avril 2026 par la CNSA décrit un pays toujours pris entre violence armée, fragilité économique, chocs climatiques et production agricole insuffisante.

À retenir

  • Plus de 5,83 millions de personnes, soit 52 % de la population analysée, devraient faire face à une insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou plus.
  • La situation s’améliore légèrement par rapport à la projection de septembre 2025, mais 1,83 million de personnes restent en phase 4 (Urgence).
  • Le léger mieux observé reste fragile, car l’insécurité, la faiblesse de la production agricole, la dépendance aux importations et la hausse attendue des coûts alimentaires continuent de peser lourdement sur les ménages.

Ce qui a changé

Par rapport à sa projection précédente, l’IPC fait état d’une amélioration limitée. La part de la population en phase 3 ou plus passe de 53 % à 52 %, tandis que celle en phase 4 recule de 18 % à 16 %. Le rapport attribue cette évolution au ralentissement de l’inflation, à des conditions agroclimatiques plus favorables pendant la campagne d’hiver, au recours à des moyens alternatifs de transport interurbain et à l’effet de l’assistance humanitaire.

Ce qui pèse encore
Le diagnostic de fond reste sévère. L’IPC souligne que la production agricole demeure insuffisante pour couvrir les besoins de la population, même après une campagne d’hiver moins défavorable qu’attendu. Le rapport insiste aussi sur le fait que la violence des groupes armés continue de perturber les marchés, les moyens d’existence et l’accès économique à la nourriture. Au début de 2026, des rapports onusiens signalaient bien une intensification d’opérations visant à reprendre du territoire à Port-au-Prince, mais l’ONU constatait encore fin mars que les gangs contrôlaient l’essentiel de la capitale et étendaient leur influence vers d’autres zones.

Ce qu’il faut surveiller

Le principal risque à surveiller est celui d’un nouveau choc sur les prix et l’approvisionnement. L’IPC avertit que le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz perturbent le système alimentaire mondial, notamment via l’énergie, les engrais et les circuits commerciaux. Le rapport rappelle aussi que le gouvernement haïtien a relevé les prix des produits pétroliers le 31 mars 2026, avec entrée en vigueur le 2 avril 2026, ce qui pourrait renchérir davantage le transport, la production agricole et les denrées sur les marchés locaux. Si ces pressions s’ajoutent à l’insécurité persistante, le léger mieux observé pourrait rapidement s’effacer.

En clair

Être en phase 3 ou plus signifie qu’une partie importante des ménages n’arrive plus à couvrir normalement ses besoins alimentaires sans aide, sans sacrifices lourds ou sans recourir à des stratégies qui aggravent encore davantage leur vulnérabilité.

Sources

  • Mise à jour IPC Haïti, mars-juin 2026
  • Déclaration de la Haute-Commissaire adjointe aux droits de l’homme sur Haïti
  • Version de travail Haïti Économie

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