La Banque de la République d’Haïti (BRH) considère désormais l’intelligence artificielle (IA) comme une technologie stratégique susceptible de transformer durablement l’économie, le système financier et l’administration publique. Dans son dernier Mot du Gouverneur, l’institution présente sa vision : préparer Haïti à cette révolution technologique tout en anticipant les risques qu’elle comporte.
Selon la BRH, l’IA représente avant tout un puissant moteur de productivité. En automatisant certaines tâches intellectuelles et en accélérant le traitement de l’information, elle pourrait améliorer l’efficacité des entreprises, moderniser les services publics et renforcer la compétitivité du pays. La Banque estime toutefois que les pays qui tarderont à investir dans cette technologie risquent d’accroître leur retard par rapport aux économies les plus avancées.
La BRH identifie trois secteurs où l’IA pourrait produire les effets les plus importants en Haïti :
- L’éducation, en facilitant l’accès à des outils d’apprentissage et en soutenant les enseignants.
- La modernisation de l’administration publique et des entreprises, grâce à l’automatisation des tâches répétitives et à une meilleure exploitation des données.
- La gestion des risques naturels, notamment par l’utilisation de données géospatiales et de modèles prédictifs pour mieux anticiper les catastrophes.
Trois domaines prioritaires
La BRH identifie trois secteurs où l’IA pourrait produire les effets les plus importants en Haïti :
- L’éducation, en facilitant l’accès à des outils d’apprentissage et en soutenant les enseignants.
- La modernisation de l’administration publique et des entreprises, grâce à l’automatisation des tâches répétitives et à une meilleure exploitation des données.
- La gestion des risques naturels, notamment par l’utilisation de données géospatiales et de modèles prédictifs pour mieux anticiper les catastrophes.
Des risques à surveiller
La Banque souligne toutefois que cette transformation comporte plusieurs risques.
Le premier concerne le marché du travail. Une automatisation plus importante dans les pays où vivent de nombreux Haïtiens pourrait affecter l’emploi de la diaspora et, à terme, les transferts de fonds, qui constituent depuis longtemps l’une des principales sources de devises du pays.
Le second risque touche à la cybersécurité. L’IA facilite également le développement d’attaques informatiques plus sophistiquées, ce qui impose de renforcer la résilience du système financier et la protection des données.
Une stratégie déjà engagée
La BRH indique avoir déjà commencé à intégrer l’IA dans ses activités. Elle rappelle avoir participé au lancement du sommet Ayiti IA 2025, annoncé la création d’un Fonds IA et engagé plusieurs initiatives de recherche afin d’utiliser ces technologies dans l’analyse économique.
Parmi les premiers projets figure le développement d’une série statistique sur le marché du travail haïtien à partir de données textuelles, une approche que la Banque présente comme une première en Haïti. À plus long terme, elle souhaite également utiliser l’IA pour renforcer la supervision bancaire, améliorer l’identification des risques émergents, soutenir les systèmes de paiement et développer des exercices de stress testing destinés au secteur financier.
Une approche prudente
La position de la BRH ne consiste ni à présenter l’IA comme une solution miracle ni à la considérer comme une menace inévitable. La Banque estime que les bénéfices dépendront de la capacité des institutions, des entreprises et des pouvoirs publics à investir dans les compétences, les infrastructures numériques, la recherche et un cadre de gouvernance adapté.
Pour la Banque centrale, l’objectif est d’accompagner cette transformation tout en préservant la stabilité monétaire et financière, afin que l’intelligence artificielle devienne un véritable outil de développement économique pour Haïti.
