L’accord pétrolier annoncé par Donald Trump avec le Venezuela porte sur des champs représentant plus de 65 milliards de barils de réserves prouvées, soit environ un cinquième des quelque 303 milliards de barils détenus par le pays. Mais au-delà du pétrole, cet accord s’inscrit dans une stratégie américaine plus large visant à consolider l’influence des États-Unis dans l’hémisphère occidental.
Cette orientation est de plus en plus associée à la « doctrine Donroe », une réinterprétation de la doctrine Monroe qui met l’accent sur la primauté américaine dans les Amériques, notamment face à la Chine et à la Russie.
“BREAKING NEWS: The United States of America has just entered into an Agreement with the Country of Venezuela on, THE BIGGEST OIL DEAL IN WORLD HISTORY!”
Le Venezuela comme enjeu géoéconomique
L’accord avec Caracas donne à cette stratégie une dimension énergétique. En favorisant les investissements américains dans le secteur pétrolier vénézuélien, Washington pourrait à la fois sécuriser davantage de ressources dans son environnement régional et renforcer sa position face à des puissances concurrentes déjà présentes en Amérique latine.
Selon le gouvernement vénézuélien, le projet concernerait 17 champs stratégiques et pourrait mobiliser près de 100 milliards de dollars d’investissements privés.
Mais les 65 milliards de barils concernés ne constituent pas une nouvelle offre immédiatement disponible. Une grande partie du pétrole vénézuélien est lourd ou extra-lourd, et le secteur souffre de plusieurs années de sous-investissement et de dégradation des infrastructures.
Le contraste avec le Moyen-Orient
Cette stratégie prend une importance particulière alors que le Moyen-Orient continue de montrer les limites de la capacité de Washington à imposer rapidement ses objectifs, malgré sa puissance militaire et financière.
Dans les faits, les États-Unis doivent toujours composer avec l’Iran, les tensions autour du détroit d’Ormuz et des équilibres régionaux difficiles à maîtriser. Une perturbation dans cette région peut encore avoir des conséquences importantes sur les prix mondiaux de l’énergie.
Développer davantage la production pétrolière dans l’hémisphère occidental pourrait donc diversifier les sources de brut accessibles aux États-Unis et renforcer l’offre énergétique régionale, même si le Venezuela ne peut pas remplacer à lui seul le rôle du Moyen-Orient sur le marché mondial.
Une doctrine de proximité
L’accord avec le Venezuela illustre ainsi l’importance géostratégique de la région dans la nouvelle orientation de la politique étrangère américaine. Celle-ci repose notamment sur une consolidation de l’influence des États-Unis dans leur environnement géographique immédiat, notamment en sécurisant leur accès aux ressources, aux infrastructures et aux flux économiques stratégiques. Le pétrole devient alors autant un instrument économique qu’un outil de puissance.
Pour Haïti et les autres pays de la Caraïbe, cette évolution mérite une attention particulière. La région se trouve directement dans l’espace stratégique que Washington cherche désormais à réaffirmer comme prioritaire.
L’accord pétrolier avec le Venezuela pourrait donc représenter bien plus qu’un investissement énergétique. Il pourrait devenir l’un des premiers grands tests économiques de la doctrine Donroe.
