Washington intensifie sa pression économique sur l’Iran en ciblant de nouveaux secteurs et en menaçant les partenaires commerciaux de Téhéran. L’Iran affirme disposer de moyens de riposte, alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent de peser sur les marchés de l’énergie.
Les États-Unis ont annoncé une nouvelle extension de leur régime de sanctions contre l’Iran. Le Trésor américain a sanctionné 60 personnes, entités et navires et placé sous pression cinq secteurs considérés comme importants pour l’économie iranienne : les actifs numériques, la technologie, l’or, l’aviation et le transport maritime.
Washington cherche également à accroître la pression sur les partenaires économiques de l’Iran. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a averti que les pays et entreprises continuant certaines relations commerciales avec Téhéran pourraient être privés d’accès au système financier basé sur le dollar. Les États-Unis n’ont toutefois pas immédiatement appliqué leurs mesures les plus sévères et ont indiqué vouloir laisser du temps aux acteurs concernés pour se conformer aux nouvelles directives.
Téhéran a rejeté cette stratégie. Le ministre iranien de l’Économie, Ali Madanizadeh, a déclaré que son pays était prêt à répondre, tandis qu’un porte-parole des Gardiens de la révolution a menacé les intérêts américains et les points névralgiques de l’approvisionnement énergétique si les infrastructures iraniennes étaient visées. La Chine, principal acheteur de pétrole iranien ces dernières années, a également déclaré que ses relations avec l’Iran étaient conformes au droit international et ne devaient pas être entravées.
Pour l’instant, les marchés pétroliers ont réagi avec une certaine retenue. Mardi, le Brent et le WTI reculaient de plus de 3 %, les investisseurs estimant que le renforcement des sanctions présentait un risque immédiat moindre pour l’offre qu’une nouvelle escalade militaire. Le principal risque demeure néanmoins une nouvelle perturbation du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole.
Pour Haïti, l’enjeu est surtout indirect : une nouvelle flambée des prix internationaux du pétrole ou une hausse des coûts du transport maritime pourrait se transmettre aux prix des carburants, au transport et à l’inflation importée.
