Le marché du travail américain a perdu de son élan en juillet. Pour Haïti, l’enjeu n’est pas seulement la faiblesse des créations d’emplois aux États-Unis, mais ce qu’un ralentissement durable pourrait signifier pour les revenus de la diaspora et, éventuellement, pour les transferts de fonds vers le pays.
- L’emploi américain ralentit : les États-Unis ont perdu 23 000 emplois en juillet, tandis que les chiffres de mai et juin ont été fortement révisés à la baisse.
- La diaspora haïtienne pourrait être exposée : un affaiblissement durable de l’emploi, des heures travaillées ou des salaires dans certains secteurs pourrait peser sur les revenus des ménages.
- Les transferts vers Haïti sont à surveiller : le rapport de juillet ne montre pas encore d’impact direct, mais une dégradation prolongée du marché du travail américain pourrait finir par affecter les envois de fonds.
Les États-Unis ont perdu 23 000 emplois non agricoles en juillet 2026, tandis que le taux de chômage s’est établi à 4.1 %. Le signal devient plus préoccupant avec les révisions des mois précédents : les créations d’emplois de mai ont été ramenées de 129 000 à 63 000 et celles de juin de 57 000 à seulement 20 000. Au total, 103 000 emplois de moins ont été comptabilisés pour ces deux mois par rapport aux premières estimations.
Des secteurs à suivre pour la diaspora
Tous les secteurs n’évoluent pas de la même manière. La santé a encore créé environ 22 000 emplois en juillet, tandis que le commerce de détail en a perdu environ 19 000. La construction a ajouté environ 22 000 postes, alors que l’hôtellerie et les loisirs ont reculé.
Ces évolutions sont pertinentes pour la diaspora haïtienne, présente dans plusieurs secteurs de services, de soins, de construction, de transport et d’hôtellerie. Mais le rapport du Bureau of Labor Statistics ne permet pas d’isoler les travailleurs haïtiens.
Les données disponibles montrent néanmoins que, pour l’ensemble des personnes nées à l’étranger, le taux de participation au marché du travail est passé de 66.1 % en juillet 2025 à 65.5 % en juillet 2026. Leur taux de chômage a dans le même temps reculé de 4.1 % à 3.3 %. Ces chiffres invitent donc à regarder au-delà du seul taux de chômage.
Pourquoi cela compte pour Haïti
Pour Haïti, le principal canal de transmission serait celui des revenus de la diaspora. Un ralentissement prolongé des embauches, une diminution des heures travaillées ou des pertes d’emplois pourraient réduire la capacité de certains ménages à envoyer de l’argent à leurs proches.
Ce risque ne peut toutefois pas être déduit du seul rapport de juillet. Il faudra surtout comparer, dans les prochains mois, l’évolution du marché du travail américain avec celle des transferts de fonds reçus en Haïti.
La fin du TPS ajoute une autre source d’incertitude. Le BLS distingue les personnes nées à l’étranger, mais ne recueille pas leur statut migratoire et ne permet donc pas d’identifier l’effet spécifique du TPS sur les travailleurs haïtiens.
Pour Haïti, le chiffre de juillet constitue ainsi davantage un signal à surveiller qu’une alerte immédiate. Si le ralentissement américain se poursuit, l’emploi et les revenus de la diaspora, puis les transferts vers Haïti, deviendront des indicateurs particulièrement importants à suivre.
