La lettre de cadrage du budget 2026-2027 prévoit un retour très modeste à la croissance, une inflation toujours élevée et l’arrêt du financement monétaire du déficit. La sécurité et les élections figurent parmi les principales priorités de l’exercice.
- Retour fragile à la croissance : le gouvernement prévoit une croissance réelle de 0.2 % en 2026-2027, après plusieurs années de contraction.
- Sécurité et élections au premier plan : la sécurité publique et la défense nationale sont présentées comme la priorité centrale, tandis que le coût du processus électoral est évalué à 120 millions de dollars.
- Financement monétaire ramené à zéro : le cadrage prévoit 0 financement monétaire en 2026-2027, avec un recours accru aux Bons du Trésor, projetés à 33.1 milliards de gourdes nets.
Après plusieurs années de contraction, le gouvernement haïtien prévoit une croissance réelle de 0.2 % en 2026-2027, contre une estimation de -1.5 % en 2025-2026. La Primature souligne toutefois qu’il ne s’agit pas encore d’une reprise robuste, mais plutôt d’une stabilisation progressive dépendant notamment de l’amélioration de la sécurité, de la circulation sur les grands axes, de la reprise de la production et d’une meilleure exécution des investissements publics.
L’inflation en fin de période devrait, selon les projections préliminaires, ralentir de 17.3 % à 15.8 %, tandis que la pression fiscale ne progresserait que légèrement, de 4.3 % à 4.4 % du PIB. Le gouvernement prévoit surtout de ramener le financement monétaire à zéro dès 2026-2027, contre 16.5 milliards de gourdes estimés pour l’exercice en cours. En parallèle, les émissions nettes de Bons du Trésor atteindraient 33.1 milliards de gourdes.
La sécurité publique et la défense nationale sont présentées comme la priorité centrale du prochain budget. Le cadrage prévoit également des ressources pour les élections, dont le coût total est évalué à 120 millions de dollars américains. Le gouvernement indique vouloir porter les ressources disponibles pour le processus électoral à environ 90 millions de dollars d’ici au 30 septembre 2026.
Le reste du programme budgétaire met l’accent sur la relance de la production, les infrastructures, l’agriculture et l’agro-industrie, les services sociaux, la modernisation de la DGI et de l’AGD ainsi que l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique. Le gouvernement demande notamment que les investissements soient davantage concentrés sur des projets matures, documentés et réellement exécutables, alors que la faiblesse des recettes et les dépenses de sécurité continuent de limiter les marges budgétaires.
