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Haïti relève fortement les prix à la pompe sous la pression de la guerre au Moyen-Orient

La gazoline passe de 560 à 725 gourdes, le gazoil de 620 à 850 gourdes et le kérosène de 615 à 845 gourdes. Cela représente des hausses d’environ 29,5 %, 37,1 % et 37,4 %.

Le gouvernement haïtien a officialisé une forte hausse des prix des produits pétroliers à compter du 2 avril 2026. La gazoline passe de 560 à 725 gourdes, le gazoil de 620 à 850 gourdes, et le kérosène de 615 à 845 gourdes. En parallèle, les autorités assurent qu’il n’y a pas de pénurie sur le marché national, interdisent la vente illégale de carburant et mettent en place des mesures d’austérité dans l’administration publique.

Haïti demeure extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs. Le pays n’est pas à l’origine de la guerre au Moyen-Orient, et pourtant, il en paie déjà une partie de la facture. La gazoline augmente d’environ 29,5 %, tandis que le gazoil et le kérosène progressent chacun d’environ 37 %. Pour l’Haïtien moyen, la question est de savoir dans quelle mesure cette hausse viendra alourdir le coût déjà élevé des transports, de l’alimentation, de l’électricité et, plus largement, de la vie quotidienne.

Selon le gouvernement, la hausse des prix constitue à la fois un ajustement des prix et une tentative de reprendre le contrôle du marché. Le Ministère du Commerce et de l’Industrie affirme que les stations-service sont approvisionnées, que les produits pétroliers restent disponibles dans les circuits autorisés, et que toute vente en dehors de ces circuits, notamment en bidons, est strictement interdite, avec menace de saisies, fermetures et poursuites judiciaires.

Le 29 mars, le Premier ministre a installé un Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier, chargé d’encadrer les modalités de fixation des prix. Deux jours plus tard, la Primature a aussi publié la Circulaire 017 annonçant des mesures d’austérité dans l’administration publique : interdiction d’acheter de nouveaux véhicules, réduction des crédits de carburant, limitation des voyages officiels et restriction des escortes.

Selon le Nouvelliste, l’ajustement annoncé n’équivaut pas à un transfert intégral du choc international vers le consommateur. D’après la source de ce média au sein du ministère des Finances, les importateurs auraient gelé leur marge, les distributeurs auraient accepté une baisse de leur marge de 7 % à 5 %, et l’État aurait renoncé à environ 70 % de ses recettes sur le pétrole. Autrement dit, le gouvernement a choisi de laisser monter les prix, mais aussi d’absorber lui-même une partie du choc, au prix d’un déficit budgétaire plus élevé.

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