Les prix internationaux du riz ont peu évolué en juillet 2026, mais cette stabilité générale masque des mouvements importants selon les variétés et les pays exportateurs. Pour Haïti, qui importe environ 90 % du riz consommé, l’évolution des prix américains et asiatiques mérite une attention particulière.
- L’indice FAO des prix du riz s’est établi à 108.4 points en juillet, presque inchangé sur un mois mais 4.7 % plus élevé qu’un an auparavant.
- Le prix du riz américain de référence suivi par la FAO a reculé de 19 % sur un an, tandis que plusieurs prix asiatiques ont récemment progressé.
- Pour Haïti, une détente des prix internationaux peut aider à contenir le coût des importations, mais elle ne garantit pas une baisse équivalente des prix payés par les consommateurs.
Une stabilité qui cache des évolutions divergentes
Selon le FAO Rice Price Update d’août 2026, l’indice mondial du riz a atteint 108.4 points en juillet, contre 108.2 en juin. Il reste toutefois 4.7 % au-dessus de son niveau de juillet 2025.
Les prix du riz Indica, largement commercialisé sur le marché international, ont progressé de 0.6 % sur le mois. À l’inverse, les prix des riz Japonica ont diminué de 1.4 %, ceux du riz gluant de 4.4 % et ceux des variétés aromatiques de 0.6 %.
Les tendances diffèrent également fortement entre pays. En Inde, les prix ont été soutenus par une demande importante provenant notamment de pays africains. Au Vietnam, certaines cotations ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 19 mois, sous l’effet d’une offre plus limitée et d’une récolte retardée. En Thaïlande, à l’inverse, la faiblesse de la demande et la dépréciation du baht ont pesé sur les prix.
Le riz américain relativement moins cher
Le riz américain devient relativement moins cher. Cette évolution présente un intérêt particulier pour Haïti. En juillet, le riz américain U.S. #2, 4 % était coté à 527.6 dollars la tonne, soit 1 % de moins qu’en juin et 19 % de moins qu’un an auparavant. Sur les sept premiers mois de 2026, son prix moyen s’établit à 541 dollars la tonne, en baisse de 20 % sur un an.
À titre de comparaison, le riz pakistanais 5 % était coté à 409.3 dollars la tonne en juillet, tandis que le riz vietnamien 5 % atteignait 425.3 dollars. Ce dernier affichait toutefois une hausse de 12 % sur un an.
Cette concurrence est particulièrement pertinente pour le marché haïtien. Les États-Unis restent un fournisseur majeur de riz pour Haïti, mais le Pakistan a fortement gagné du terrain grâce à des prix plus faibles. Le Département américain de l’Agriculture estime que le pays importe environ 90 % de son approvisionnement en riz et prévoit quelque 525 000 tonnes d’importations pour la campagne 2026-2027.
Une baisse internationale ne signifie pas nécessairement une baisse en Haïti
La détente observée sur certaines cotations internationales peut être favorable à un pays fortement dépendant des importations. Un riz moins cher au départ des ports exportateurs peut réduire la facture des importateurs et, en principe, limiter certaines pressions sur les prix alimentaires. Mais le prix international n’est qu’une composante du prix payé en Haïti.
Le transport maritime, les frais portuaires, les droits et taxes, le taux de change, le financement des importations ainsi que les coûts liés à l’insécurité et à la distribution intérieure peuvent absorber une partie des économies réalisées à l’achat.
Les perturbations sécuritaires ont déjà obligé certains importateurs à détourner des cargaisons de Port-au-Prince vers Cap-Haïtien. Elles augmentent les coûts et compliquent ensuite l’acheminement des produits vers les différentes régions du pays.
La baisse des prix mondiaux ne doit donc pas être interprétée comme la promesse d’une baisse immédiate du prix du sac de riz sur les marchés haïtiens.
Une dépendance qui reste le principal enjeu
À court terme, la concurrence entre fournisseurs américains, pakistanais et d’autres exportateurs peut permettre aux importateurs haïtiens de rechercher de meilleurs prix. Mais elle ne change pas le problème structurel : Haïti reste extrêmement dépendant du marché international pour l’un de ses principaux aliments de base.
Selon l’USDA, la production agricole haïtienne continue de reculer sous l’effet du coût des intrants, du manque de financement et d’investissement, auxquels s’ajoute désormais l’insécurité dans des zones agricoles importantes comme l’Artibonite.
Le rapport de la FAO apporte donc une nouvelle plutôt favorable sur le front des prix internationaux, particulièrement pour le riz américain. Mais pour les consommateurs haïtiens, l’enjeu ne se limite pas au prix mondial : il dépend aussi du taux de change, du coût d’acheminement et, surtout, de la capacité du pays à renforcer sa propre production agricole.
