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Washington réoriente une partie de son aide militaire vers les Amériques

Les États-Unis réorientent une partie de leur aide militaire vers l’Amérique latine et renforcent leur stratégie énergétique autour du Venezuela, dans un contexte de concurrence avec la Chine et d’instabilité au Moyen-Orient.

L’administration Donald Trump a décidé de réaffecter 52 millions de dollars d’aide militaire initialement destinés à quatre pays d’Europe et du Moyen-Orient, la Slovaquie, la Macédoine du Nord, la Tunisie et l’Irak,au Panama, au Pérou, à l’Équateur et à la Colombie.

Selon l’Associated Press, le Département d’État présente cette décision comme un recentrage sur les intérêts stratégiques américains dans l’hémisphère occidental. Les fonds doivent notamment soutenir la lutte contre le narcotrafic et la sécurisation du canal de Panama. Washington affirme également vouloir empêcher ses adversaires stratégiques d’établir de nouvelles positions dans la région, dans un contexte de concurrence croissante avec la Chine en Amérique latine.

Cette décision constitue une nouvelle manifestation de ce qui est parfois qualifié de « doctrine Donroe », terme utilisé pour décrire la volonté de l’administration Trump de réaffirmer la prééminence des États-Unis dans l’hémisphère occidental. Washington ne se contente plus de renforcer sa coopération avec certains gouvernements de la région. Il commence à réorienter vers les Amériques des ressources auparavant consacrées à d’autres théâtres internationaux.

Le Venezuela au cœur de la stratégie énergétique

Cette orientation se manifeste également dans le domaine énergétique. Les États-Unis ont invité une délégation vénézuélienne aux rencontres du G20 consacrées à l’énergie, organisées du 14 au 16 septembre à Houston. Bien que le Venezuela ne soit pas membre du G20 et ne participe pas aux séances ministérielles officielles à huis clos, ses représentants doivent prendre part à des rencontres bilatérales, des événements parallèles et des discussions avec l’industrie.

Le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, a clairement présenté cette ouverture envers Caracas comme faisant partie d’une stratégie visant à déplacer davantage le centre géopolitique du pétrole du Moyen-Orient vers l’hémisphère occidental.

Cette approche prend une importance particulière alors que les perturbations au Moyen-Orient continuent d’affecter les marchés énergétiques mondiaux. Le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé et les attaques contre certaines infrastructures pétrolières saoudiennes illustrent la vulnérabilité des principales routes énergétiques de la région.

Washington considère ainsi le Venezuela, qui possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, comme une source potentielle d’approvisionnement plus proche et moins exposée à ces points de passage stratégiques.

L’objectif américain est notamment de porter rapidement la production issue des champs concernés par le nouvel accord américano-vénézuélien à plus de 1,5 million de barils par jour, avec une forte participation d’entreprises américaines.

Du Venezuela à l’Iran

La portée de cette stratégie dépasse désormais les Amériques. Le 13 septembre, Donald Trump a lui-même établi un parallèle entre le Venezuela et l’Iran, évoquant la possibilité que les États-Unis maintiennent une présence en Iran et conservent un accès au pétrole, comme dans l’accord conclu avec Caracas. Il a également affirmé que les revenus tirés du pétrole vénézuélien avaient déjà largement compensé le coût de l’intervention américaine au Venezuela.

Cette comparaison montre que le Venezuela devient, dans le discours de l’administration Trump, un précédent associant présence stratégique, accès aux ressources énergétiques et sécurité économique. La convergence entre énergie et sécurité devient ainsi de plus en plus visible. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une compétition plus large avec la Chine pour l’influence économique et stratégique en Amérique latine.

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